JO-2026: Chloe Kim vise un triplé inédit en snowboard
Superstar du half-pipe, l'Américaine Chloé Kim entre en lice mercredi aux JO de Milan-Cortina avec un troisième titre consécutif en ligne de mire, pour conclure une décennie à rebondissements où elle aura sans cesse repoussé les limites de son sport.
La dernière péripétie en date dans la carrière de la snowboardeuse de 25 ans est survenue à peine un mois avant son rendez-vous olympique: une grave luxation d'une épaule lors d'une chute à l'entraînement.
"Je n'ai pas pu m'entraîner autant que je l'aurais souhaité mais ce n'est pas grave", a déclaré Kim, l'une des athlètes de sports d'hiver les plus en vue aux États-Unis, avant d'annoncer une semaine plus tard qu'elle était "apte à participer" à la compétition.
"C'est drôle, je fais ça depuis si longtemps et chaque saison j'ai dû relever des défis différents", a relevé la championne, qui faisait déjà sensation bien avant de décrocher son premier titre olympique, à 17 ans, lors des Jeux de Pyeongchang en 2018.
À 13 ans seulement, elle a remporté sa première médaille dans le half-pipe des prestigieux X Games, avant de remporter l'épreuve un an plus tard face à des concurrentes bien plus âgées.
- Cible d'insultes racistes -
Enrichissant son palmarès de saison en saison - Kim comptabilise désormais huit victoires aux X Games et trois titres de championne du monde -, elle a aussi passé sa vie d'athlète à étendre le champ des possibles pour les snowboardeuses en compétition.
L'Américaine a notamment été la première à réaliser deux 1080 - trois tours complets en un saut - lors du même run, puis à plaquer un 1260 - une demi-rotation supplémentaire - quelques années plus tard, en 2024.
Mais Kim, née en Californie de parents sud-coréens, a aussi traversé des périodes plus difficiles sur le plan personnel, au point de s'éloigner temporairement des pistes, notamment après ses deux victoires olympiques.
Elle avait déploré en avril 2021 être la cible de nombreuses insultes racistes en ligne, sur fond de vague de violence anti-asiatique aux États-Unis.
"Ce n'est pas parce que je suis une athlète professionnelle ou parce que j'ai gagné aux Jeux que je suis préservée du racisme. Je reçois peut-être 30 messages par jour", avait-elle alors expliqué aux médias américains.
Depuis son retour triomphal aux Mondiaux d'Engadine en mars 2025, la jeune femme semble toutefois avoir retrouvé un amour profond pour son sport, aussi spectaculaire qu'engagé.
- "Montrer l'exemple" -
"Je me suis rendue compte que j'aimais apprendre de nouvelles figures et faire des choses différentes", a-t-elle récemment confié à Olympics.com.
Un film documentaire retraçant sa campagne olympique 2026 est actuellement en préparation. "Je me laisse simplement être libre", a-t-elle estimé. "Et c'est la meilleure expérience que j'aie vécue depuis longtemps".
En dehors des pistes, elle a aussi été l'une des sportives qui s'est le plus exprimé sur les tensions actuelles au sein de la société américaine, sur fond de politique anti-immigration, qui ont déjà fait deux morts dans le Minnesota en janvier.
"Mes parents ont quitté la Corée du Sud (...) pour que mes soeurs et moi ayons la chance de vivre un jour le rêve américain", a-t-elle fait valoir sur son compte Instagram, défendant "la diversité, la dignité et l'espoir".
"Les Etats-Unis nous ont donné, à moi et à ma famille, de belles opportunités, mais je pense qu'on est autorisés à donner notre opinion sur ce qui se passe et à montrer l'exemple avec amour et compassion", a-t-elle ajouté lundi en conférence de presse.
En cas de victoire dans le half-pipe de Livigno, elle rejoindrait la légende Shaun White, seul snowboardeur à posséder trois titres olympiques (2006, 2010, 2018), qui a tiré sa révérence après les derniers JO à Pékin.
U.Williams--CT