Numérique et streaming: le procès Pormanove "doit marquer un avant et un après", selon El Haïry
Le procès de deux streamers accusés de violences et humiliations en ligne après la mort en direct de Jean Pormanove "doit marquer un avant et un après", a considéré mercredi la haute-commissaire à l'Enfance avant la décision du tribunal de Nice à la mi-journée.
"Au-delà de la décision de justice, ce procès restera celui d’un drame d’une violence inouïe", a souligné dans un communiqué Sarah El Haïry, pour laquelle "ce procès doit marquer un avant et un après. Parce qu’aucune audience ne vaut une vie. Parce que le numérique ne doit jamais faire oublier notre humanité".
Car, a-t-elle pointé, "le numérique n’efface ni les responsabilités individuelles, ni les conséquences des actes" et "le buzz, la quête de visibilité ou la course à l’audience ne peuvent jamais devenir des excuses à la violence ou à la déshumanisation".
"Les plateformes et les sites de streaming ont également une responsabilité. Les créateurs de contenus aussi. Les pouvoirs publics également. Nous devons continuer à protéger nos enfants et nos adolescents des dérives des réseaux sociaux et des plateformes de diffusion, en exigeant davantage de responsabilité, de modération et de prévention", a encore estimé la haute-commissaire à l'Enfance.
Les streameurs Naruto et Safine, animateurs de la chaîne internet sur laquelle Jean Pormanove est mort en direct l'été dernier, étaient jugés pour des violences et des humiliations infligées à Jean Pormanove et à Stéphane G., alias Coudoux, quadragénaire sous curatelle, lors de milliers d'heures de live sur les plateformes Twitch puis Kick.
Dénonçant "un système de maltraitance" mis en place par les streamers, le parquet a requis 30 mois de prison dont un an ferme à domicile avec bracelet électronique, et 30.000 euros d'amende contre Owen Cenazandotti, alias Naruto, âgé de 27 ans, et 18 mois avec sursis probatoire et 15.000 euros d'amende contre Safine Hamadi, dit Safine, 24 ans.
La procureure Maud Marty a aussi demandé un "bannissement numérique" des deux hommes, qui seraient interdits à vie de publier sur les plateformes.
Le procès n'a pas porté sur la mort à 46 ans de Raphaël Graven, alias Jean Pormanove ou JP, dont la découverte en direct du corps inerte sous son drap a choqué le monde entier : après autopsie, l'enquête sur ce volet a été classée sans suite en février.
L.Jackson--CT