La Russie annonce des restrictions sur l'utilisation de Telegram au motif d'une "violation" de la loi
La Russie a annoncé mardi mettre en place des "restrictions progressives" sur la messagerie Telegram au motif d'une "violation" de la loi russe, les autorités accusant cette application de ne pas faire assez pour empêcher son utilisation "à des fins terroristes".
Fondé par Pavel Dourov, qui possède les nationalités russe et française, Telegram est l'un des deux services de messagerie les plus populaires en Russie, avec Whatsapp, dont le fonctionnement est presque complètement bloqué dans le pays depuis janvier, pour les mêmes motifs.
"La loi russe continue de ne pas être appliquée (...), aucune mesure réelle n'est appliquée pour lutter contre l'escroquerie et l'utilisation de la messagerie à des fins criminelles et terroristes", a indiqué mardi l'Agence russe de surveillance des télécommunications (Roskomnadzor) dans un communiqué, cité par les agences de presse russes.
"Pour cette raison (...), Roskomnadzor va continuer de mettre en place des restrictions progressives (visant Telegram, ndlr) afin d'obtenir le respect de la loi russe et d'assurer la protection des citoyens", affirme le communiqué.
L'été dernier, la Russie avait déjà interdit aux utilisateurs de passer des appels sur Telegram, comme sur Whatsapp, propriété du géant américain Meta, dans le cadre d'une répression plus large menée contre les réseaux sociaux détenus par des étrangers.
Les escroqueries via messageries sont très fréquentes en Russie.
Les autorités accusent aussi les services de sécurité ukrainiens de recruter via ces applications des Russes pour leur faire commettre des actes de sabotage dans le pays en échange d'une promesse de rémunération.
La Russie a multiplié ces dernières années les mesures restreignant la liberté d'expression sur internet, qui a longtemps été l'un des derniers espaces où des voix critiques pouvaient s'exprimer librement.
Fin juillet, le président russe Vladimir Poutine a promulgué une loi punissant les recherches sur internet de contenus classés "extrémistes" et qui interdit de faire la promotion des VPN, des systèmes très utilisés en Russie pour contourner la censure.
Depuis 2024, la plateforme de vidéos YouTube n'est accessible en Russie que via un VPN. Et depuis 2022, les réseaux sociaux Facebook et Instagram du groupe américain Meta, déclaré "extrémiste" en Russie, sont également bloqués.
L.Collins--CT