UE: les discussions "avancent" sur les hubs pour le renvoi de migrants en Afrique
Plusieurs pays européens, qui veulent créer des centres de rétention en Afrique où renvoyer des migrants déboutés du droit d'asile, ont fait état de progrès dans leurs efforts pour y parvenir, lors d'une réunion de l'UE jeudi.
"En ce qui concerne les hubs de retour, les choses avancent très bien", a déclaré à la presse le ministre danois des Migrations l'Intérieur, Morten Bodskov, à son arrivée à cette réunion ministérielle à Luxembourg.
"Nous allons dans la bonne direction", a ajouté le responsable, qui s'est entretenu avec ses homologues des quatre autres pays partenaires sur ce dossier (Autriche, Grèce, Allemagne et Pays-Bas).
Le ministre allemand de l'Intérieur Alexander Dobrindt a quant à lui confirmé des "discussions préliminaires" avec des pays suceptibles d'accueillir de tels centres, sans préciser lesquels.
L'Ouganda et surtout le Rwanda sont les plus souvent cités comme susceptibles d'héberger les premiers "hubs".
Tout en soulignant qu'il fallait prendre le temps de négocier des projets juridiquement très solides, face au risque de recours, M. Dobrindt a dit espérer qu'un premier accord pourrait être conclu avant la fin de l'année.
En tous les cas, les ministres européens de l'Intérieur devraient jeudi donner leur feu vert final au règlement européen autorisant la création de tels centres de rétention en dehors de l'UE.
Ils doivent également discuter d'autres mesures pour accélérer les renvois de migrants, grâce à une coopération accrue avec certains pays tiers en priorité.
Comme l'a rappelé le commissaire européen aux Migrations Magnus Brunner, les principaux flux migratoires vers l'Europe partent du Pakistan et du Bangladesh, puis traversent le Proche-Orient et l'Egypte jusqu'en Libye, d'où ont lieu de nombreuses tentatives pour traverser la Méditerranée en bateau.
"Nous devons intervenir très en amont", a-t-il expliqué.
Les défenseurs de ces centres de rétention situés dans des pays tiers estiment qu'ils faciliteront les expulsions et dissuaderont les entrées irrégulières dans l'UE.
Mais les opposants mettent en doute leur efficacité, et s'inquiètent d'un risque de créer des "trous noirs juridiques", où les droits fondamentaux des migrants ne seraient plus totalement respectés.
Cette semaine, le ministre grec des Migrations Thanos Plevris a assuré qu'un centre de rétention permettant le renvoi de migrants "vers un pays d'Afrique" serait opérationnel "au second semestre 2027", mais sans préciser où il serait installé.
Selon les eurodéputées écologistes Anna Strolenberg et Tineke Strik, qui viennent d'effectuer une visite en Ouganda et au Rwanda, ces deux pays semblent tout à fait partants.
"Le Rwanda est probablement le premier pays avec lequel un accord pourra être conclu", a estimé Anna Strolenberg, une élue néerlandaise.
Les élus écologistes dénoncent depuis des mois un tel projet.
- Crise à Ceuta -
Par ailleurs, il s'agit de la première réunion non virtuelle des ministres de l'Intérieur depuis l'entrée en force massive, fin juillet, de dizaines de milliers de migrants à Ceuta, enclave espagnole frontalière du Maroc.
Si la plupart sont repartis très rapidement du territoire espagnol, Ceuta reste plongé dans une crise humanitaire. Et cette affaire a mis à l'épreuve la sécurité des frontières européennes, et créé des tensions diplomatiques entre Madrid et plusieurs pays européens.
L'Espagne devrait présenter un nouveau bilan de la situation dans l'enclave, et les ministres devraient débattre de propositions pour empêcher et mieux gérer de tels épisodes.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait proposé le mois dernier un nouveau mécanisme de "réponse d'urgence".
Et l'UE travaille à d'autres initiatives pour améliorer la sécurité de ses frontières extérieures, par exemple en permettant à l'agence européenne Frontex de surveiller les réseaux sociaux.
I.Young--CT